Depuis une cinquantaine d’années, mon parcours s’est tissé au fil d’expériences singulières et de rencontres marquantes, dont l’une a durablement bouleversé ma vision du monde. C’est auprès d’un homme un peu étrange, guide excentrique mais déterminant, que j’ai été initié aux pratiques énergétiques, d’abord à l’aide d’un pendule, un simple objet qui révéla très vite la richesse et la complexité des réalités invisibles qui nous entourent. Grâce à ses conseils, j’ai appris à ressentir, à décoder et à agir sur des énergies baptisées « kichouf » et « shatan », deux termes mystérieux issus de la tradition hébraïque et porteurs d’une longue histoire. Il s'agissait de forces dont les effets se faisaient parfois sentir, tant dans le corps que dans l’esprit de ceux qu’elles touchaient.

Avec le temps, l’exploration de ces notions est devenue une quête : comprendre ce « malin » protéiforme, traquer ses manifestations cachées et affiner les moyens d’apaiser ou de libérer ceux qu’il perturbe. Ce cheminement m’a forcé à dépasser mes certitudes, à sans cesse remettre en question mes grilles de lecture et à développer une nouvelle attention aux multiples visages et stratégies du trouble, ce qui m’amène aujourd’hui à témoigner de cette traversée intérieure autant qu’énergétique.
Les énergies négatives à travers les traditions
Les termes « kichouf » et « shatan » proviennent de la tradition hébraïque, où « shatan » (שָׂטָן) signifie littéralement « adversaire » ou « accusateur ». Dans la Bible hébraïque, ce terme ne désigne pas un nom propre, mais une fonction : celle d'un être ou d'une force qui s'oppose, accuse ou met à l'épreuve les êtres humains. À l'origine, le terme « shatan » désignait un agent envoyé par Dieu pour mettre l'être humain à l'épreuve. Toutefois, dans l'évolution de la pensée religieuse, cette entité a acquis un rôle plus autonome, devenant progressivement une figure centrale du mal incarné, notamment dans le christianisme sous la forme de Satan, le diable. Quant à « kichouf », s'il est moins documenté explicitement dans les sources classiques, ce terme est souvent employé dans certaines traditions mystiques pour désigner une forme d'énergie malveillante provenant d'un regard ou d'une intention négative, comparable au concept de « mauvais œil » dans d'autres cultures.

Dans d'autres courants spirituels, notamment chrétiens et kabbalistiques, le « malin » se décline en plusieurs catégories, mais l'idée centrale d'une force opposante ou perturbatrice demeure. La Kabbale juive, par exemple, distingue Shatan, force de tentation interne (le yetser hara, ou mauvais penchant), et des esprits malins extérieurs qui cherchent à troubler l’ordre spirituel. Le christianisme a popularisé la figure du « Malin », personnification du mal fréquemment assimilée à Lucifer dans certaines traditions. Au-delà de cette personnification, il incarne une force qui agit à la fois contre Dieu et contre l’humanité en les détournant et en les corrompant.

Ce que ces traditions ont en commun, c'est la reconnaissance que ces forces ne sont ni figées ni univoques. Le « malin » est à la fois intérieur et extérieur, personnel et universel ; c'est une énergie qui peut se manifester différemment selon les contextes et qui évolue en fonction du regard que l'on porte sur elle. Cette plasticité et cette multiplicité rendent la compréhension et le travail sur ces énergies à la fois complexes et riches, et exigent une approche nuancée et ouverte.
L’expérience du praticien : des outils à l’intuition
Le cheminement du praticien dans l’univers des soins énergétiques commence souvent par l’apprentissage d’outils concrets, comme le pendule. Bien plus qu’un simple objet, cet instrument agit comme un amplificateur des mouvements subtils du corps et de l’esprit, permettant de détecter des énergies invisibles à l’œil nu. Progressivement, l’observateur apprend à laisser le pendule agir, à se détacher de toute volonté consciente pour mieux ressentir les impulsions des énergies cachées. Cette évolution conduit naturellement à dépasser l’outil matériel pour adopter une approche plus intuitive, où la main ou même l’intention suffisent à percevoir, sélectionner et nettoyer ces forces.

Cette capacité à travailler à distance, par téléphone, à partir d'une photo ou d'une simple évocation, témoigne de la puissance croissante du ressenti, affiné au fil des années. Elle permet d'adopter une pratique plus fluide et moins dépendante des objets, dans laquelle l'intuition devient un guide essentiel pour interpréter les perturbations énergétiques et agir de manière thérapeutique.
Cette expérience met également en lumière les limites des catégories rigides utilisées pour nommer et différencier les types d’énergies ou d’entités négatives. Si ces classifications sont utiles, elles s'avèrent insuffisantes face à la diversité et à la complexité des cas rencontrés. Ainsi, la distinction binaire entre « kichouf » et « shatan » doit être élargie en créant des sous-catégories, comme le « shatan caché » ou « lourd », ou en ajoutant une catégorie « autre » pour décrire des perturbations plus insaisissables. Cette nécessité d'adaptation impose au praticien une vigilance et une ouverture permanentes, ainsi qu'un réajustement constant des grilles de lecture qui enrichissent la compréhension, mais demandent aussi une remise en question continue.

Le « malin » : dynamique, plasticité et vigilance nécessaires
Le « malin » ne saurait être réduit à une entité fixe ou à une catégorie rigide ; il incarne au contraire une force dynamique, toujours en mouvement, insaisissable et changeante. Cette nature évolutive s'apparente à un jeu de cache-cache, où chaque tentative de l'attraper ou de le cerner est contrecarrée par une nouvelle apparence, une nouvelle ruse. Cette plasticité rend indispensable une posture d'humilité profonde de la part du praticien, qui ne peut jamais se reposer sur ses acquis ni croire qu'il a pleinement maîtrisé ce qu'il cherche à comprendre ou à guérir. L’attention doit être constante et la conscience vigilante pour percevoir les phénomènes subtils qui se renouvellent sans cesse.

Sur les plans philosophique et spirituel, cette réalité mouvante du « malin » invite à dépasser les dualités figées du bien et du mal pour s'engager dans un chemin de discernement permanent. Il ne s'agit pas seulement d'éradiquer une force hostile, mais de dialoguer avec une part de l'invisible qui met à l'épreuve la conscience et stimule la croissance intérieure. La vigilance devient alors une vertu cardinale : un exercice continu d'écoute lucide et d'adaptation à des situations toujours nouvelles, reflet de la complexité de l'expérience humaine face à l'inconnu. Ainsi, travailler avec le « malin » ne consiste pas à le dominer, mais à apprendre à danser avec l’incertain, à intégrer ses ombres pour cheminer vers une conscience plus large et plus profonde.
Le voyage intérieur : vers une conscience élargie
L’affrontement progressif avec le « malin » ou cette étrangeté invisible révèle avant tout la richesse et la complexité du monde intérieur et spirituel. Ce combat n’est pas seulement une lutte contre une force extérieure hostile, mais une confrontation avec les parts d’ombre enfouies au plus profond de soi, des aspects parfois inconnus ou refoulés qui exigent d'être reconnus et intégrés. Ce processus met en lumière la nature humble et fragile de la conscience humaine, tout en soulignant son immense potentiel d'évolution et de transformation.

À travers cette expérience, le praticien n'est plus seulement un technicien des énergies ; il devient un voyageur intérieur dont la perception ne cesse de s'élargir. Cette ouverture à une compréhension globale, à la fois énergétique, psychologique et spirituelle, est une invitation à apprivoiser la complexité, la nuance et le mouvement perpétuel de la réalité. Au lieu de chercher des certitudes immuables, il apprend à accepter l’incertitude, à faire preuve de souplesse et de résilience, et à progresser sur un chemin où la connaissance et la sagesse s'enrichissent à chaque rencontre, à chaque expérience et à chaque transformation intérieure.
Conclusion
L’expérience partagée autour de la détection et du nettoyage des énergies négatives, ou du « malin », à l’aide d’outils puis grâce à une intuition affinée, met en lumière plusieurs enseignements fondamentaux. Elle révèle d'abord la nature profondément mouvante et insaisissable du mal, qui se manifeste sous des formes diverses et évolutives, défiant toute tentative de classification définitive. Elle souligne également l’importance d’une vigilance constante, d’une écoute humble et d’une adaptation permanente face à ces forces complexes. Cette expérience témoigne par ailleurs de la transformation intérieure du praticien, qui évolue d'un rôle technique à une posture plus consciente, ouverte et globale, intégrant la dimension psychologique, énergétique et spirituelle dans sa pratique.

Au-delà du parcours personnel, cette expérience invite chacun à poursuivre sa propre quête, qu'elle soit individuelle ou collective, dans le vaste champ de l'invisible et des dynamiques subtiles. Elle encourage à accepter l’incertitude comme un moteur de croissance, à cultiver le discernement et la souplesse, et à entretenir cette curiosité essentielle qui nourrit l’éveil spirituel et la compréhension profonde de soi et du monde. La lutte contre le « malin » devient alors une invitation à un voyage intérieur, à une conscience élargie, où chaque rencontre et chaque expérience contribuent à éclairer le chemin vers la lumière et l’harmonie.
Par Momo
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